Aller à l'accueil de Voyager en Laponie

Une famille Saami en 1900

La culture Same

La plupart des vestiges préhistoriques trouvées dans la région sont situées le long des grands cours d'eau et lacs, sous forme d'abris de chasseur, datant de 7 000 à 6 000 av. JC, c'est-à-dire juste après le retrait des glaciers. Ces vestiges indiquent que plusieurs groupes distincts d'individus étaient présent. Outre la chasse, la pêche était une ressource importante.
Ces individus, probablement ancêtres du peuple Same (anciennement appelés Lapons), étaient nomades et organisaient leur déplacement au cours de l'année pour profiter au mieux des ressources de la région. Plusieurs vestiges du néolithique indiquent la construction de hutte sur les sites occupés durant l'hiver, parfois par petits groupes.
Dans le premier millénaire de notre ère, des habitations sont construites près des tourbières, utilisées probablement par des Samis des forêts (par opposition aux Samis des montagnes). Le grand nombre de vestiges de cette époque jusqu'au début du Moyen âge indique probablement une expansion de la culture same.

La Laponie n'a eu de peuplement fixe que très tardivement. Les villages de l'époque étaient avant tout des villages-églises.
De ce fait, avant le xxe siècle, les seuls édifices notables construits sont des églises, le plus souvent construites en bois. Parmi les églises les plus anciennes encore en état, on peut citer celle de Jukkasjärvi (1726) et de Gällivare (1742).
Par la suite, le classicisme se répandit, avec des églises en bois suivant les canons appliqués aux églises en pierre, ce que l'on peut voir à örträsk (1849) et Sorsele (1856).
Enfin, des styles plus expérimentaux virent le jour, culminant avec l'église de Kiruna (1909-1912). La situation changea avec l'arrivée du chemin de fer et de l'industrialisation. Ainsi, un certain nombre d'édifices importants virent le jour sous l'impulsion de l'industrie, tels que la centrale hydroélectrique de Porjus (1915) ou l'hôtel de ville de Kiruna (1958-1960).

Faire de la pêche sur glace, la pêche blanche en Laponie Faire de la pêche sur glace, la pêche blanche en Laponie



Le peuple Same

A l'heure actuelle, on compte envrion 60 000 à 100 000 same en Norvège, 15 000 à 25 000 en Suède, 6 400 en Finlande et environ 2 000 same en Russie pour une population totale estimée entre 85 000 à 135 000 personnes.
Le peuple same, également appelé lapon ou Sami, est un peuple autochtone d'une zone qui couvre le nord de la Suède, de la Norvège et de la Finlande ainsi que la péninsule de Kola en Russie.
Leur nom, Saami dans leur propre langue, est également parfois traduit par les termes "Sames", "Samés", "Sâmes" ou "Sami". Les Sames sont un des plus grands groupes indigènes en Europe.
Ce n'est pas un groupe ethnique mais un peuple parlant des langues (same) d'origine finno-ougrienne. Ils sont parfois considérés comme issus d'un ancien peuple proto-européen ainsi que d'un peuple ayant des origines mongoloïdes. Des études récentes et plus précises confirment une contribution génétique significative d'une moyenne de 6 % provenant de l'Asie de l'Est chez les Sames.

Faire de la pêche sur glace, la pêche blanche en Laponie

Bien que la petitesse des haplotypes asiatiques indique que cet événement a eu lieu il y a plusieurs générations, il a été possible d'établir que cette signature génétique est très similaire à celle de l'ethnie turque Iakoutes vivant en Sibérie orientale.

Ce peuple est souvent nommé lapon, mais ses membres préfèrent le nom sámi (variante graphique saami), qu'il utilise pour se désigner. La tradition finno-ougriste française utilise le terme "Same". Le terme lapon de la racine lapp signifie porteur de haillons en suédois, ce qui explique que ce nom ait été délaissé. Ils appellent leurs terres ancestrales Sápmi.
Les activités traditionnelles des Sames étaient autrefois la pêche et l'élevage de rennes, mais aujourd'hui, seule une minorité en vit encore. Les Sames ont en Suède, en Norvège et en Finlande (mais pas en Russie) le droit de vote dans les parlements sames, des organisations gouvernementales mises en place par les gouvernements des trois états scandinaves qui visent à faire remonter les revendications des communautés sames. Les membres de ces parlements sont démocratiquement élus par les Sames.

Les premières traces humaines des régions septentrionales de la Scandinavie remontent à 11 000 avant Jésus-Christ environ. Personne ne peut affirmer que ces premiers habitants étaient en tous points identiques aux Sames d'aujourd'hui. Mais dans le sillage de la thèse dont l'écrivain et philosophe suédois Erik Gustaf Geijer (en), au début du xixe siècle était l'un des partisans, la majorité des historiens conviennent que la culture same descend de celle de ces premiers habitants et qu'elle s'est enrichie, au fil du temps, par son interaction avec plusieurs autres cultures.
La Norvège, en ratifiant la convention 169 de l'OIT, a officiellement reconnu aux Sames, en tant que plus anciens habitants des régions nord de la Scandinavie, le caractère de "peuple indigène de Norvège".

Faire de la pêche sur glace, la pêche blanche en Laponie

Lapponia, un ouvrage écrit par Johannes Schefferus (1621 - 1679) en latin décrit la culture same dans les temps anciens. Lapponia, traduit par la suite en français sous le nom Histoire de la Laponie, est un livre offrant une description très détaillée de l'histoire du nord de la Scandinavie et en particulier du peuple same. Il fut publié en latin en 1673 à Francfort-sur-le-Main et fut rapidement suivi par une traduction en anglais, français, allemand et néerlandais. Le but était de tordre le cou à certaines rumeurs disant que les Suédois utilisaient de la magie same dans les batailles en Europe.



La religion same

La connaissance de l'ancienne religion saami est essentiellement basée sur des sources archéologiques et des témoignages des missionnaires chrétiens dans le nord de la Scandinavie entre le Moyen Âge et le début du XVIIIème siècle.
Certaines de ces descriptions sont cependant biaisées, les mœurs qu'ils décrivent relevant pour nombre d'entre eux du paganisme. On a par ailleurs identifié divers endroits sieidi en Scandinavie septentrionale, lieux de pratiques religieuses anciennes. Des objets sont aussi occasionnellement retrouvés. Certains, datant de la période allant du IXème au XIVème siècle, sont généralement qualifiés de "dépôts métalliques saami", de par la présence importante d'objets en métal. Ce sont généralement des pièces de monnaie originaire de Grande-Bretagne et d'Allemagne, ainsi que des pointes de flèches ou de lances. Des outils en bois de rennes sont aussi souvent retrouvés.

La religion same partage des éléments avec les autres religions des régions polaires, comme par exemple le culte des ours, les sacrifices, le chamanisme, etc. Les hommes et les femmes ont leurs dieux propres. Cette religion traditionnelle a été majoritaire jusqu'à l'époque médiévale (à partir du XIème siècle), où le christianisme s'est imposé pour devenir la religion majoritairement pratiquée vers la fin du XVIIIème siècle. Les animaux "blancs" y jouaient un rôle particulièrement important. Le noaide (chamane en same du Nord) possède une forte influence sur le sijdda (village), en tant que conseiller, médecin et personnage religieux. Dénommé aussi nåejtie (same du sud), il intervenait à différents moments et circonstances dans la vie d'une communauté, et il ou elle faisait office d'intermédiaire entre la communauté et les dieux, les esprits et les ancêtres. L'instrument privilégié du chaman lors des cérémonies était le tambour magique (meavrresgárri), qui lui permettait d'accéder à l'état de transe. C'est au cours de la transe extatique que le chaman entre en communication avec le monde spirituel peuplé de dieux et de créatures qu'il interroge en vue d'obtenir une information ou la satisfaction d'une requête.

Faire de la pêche sur glace, la pêche blanche en Laponie Faire de la pêche sur glace, la pêche blanche en Laponie

Une flûte magique appelée fadno était parfois utilisée. Le chant saami traditionnel, le joik, était pratiqué au cours des cérémonies, faisant entrer le chamane en transe où il pouvait pénétrer le monde magique du saivo, lieu de discussion avec les dieux, esprits et ancêtres concernant le destin de la communauté ou d'un de ses membres.
Le tambour magique était généralement composé d'un arceau de bois sur lequel était tendu une peau épilée de renne, la géométrie du tambour pouvait être légèrement ovale, tout comme les tambours de chaman trouvés en Sibérie. Sur le tambour magique étaient peint, avec une encre faite de sève d'aulne mélangée à de la salive, divers motifs liés à la mythologie des Saamis. Au centre généralement un losange avec quatre rayons symbolisant le soleil. Un marteau (ballem ou vietjere) en bois de renne était utilisé pour battre le tambour. Des baguettes (árpa ou baja) en os ou laiton étaient parfois utilisées.
Les femmes chamanes utilisaient une ceinture ou une baguette plutôt que le tambour magique. Des essais effectués sur de vieux tambours saami montrent que l'on frappait chaque tambour en un nombre limité d'endroits, correspondant aux caractéristiques sonores dudit instrument.

Les hommes se confessaient aux dieux sacrificiels masculins, alors que les femmes s'adressaient aux divinités féminines de fertilité. Des sacrifices d'animaux étaient aussi pratiqués, et les objets métalliques y avaient une importance particulière. Les "animaux blancs" (rennes, vaches, moutons,... blancs.) étaient généralement vénérés. De nombreuses pierres existent encore, présentant toujours des traces d'huile de poisson ou de renne. Comme d'autres religions circumpolaires, la religion des Saamis incorporait des évocations de chasse, en particulier d'ours (culte de l'ours). Il y avait également des éléments de la mythologie nordique, de même que du christianisme dans les dernières années.

L'ancienne religion des Saamis n'est plus pratiquée depuis longtemps. Les premiers missionnaires chrétiens entrèrent en contact avec les Saamis dès le xiiie siècle.Les premières églises furent construites sur les terres sames vers 1100. Mais l'oeuvre de conversion ne s'intensifia qu'à partir du XVIIe siècle. On imprima à Stockholm, pour la première fois en 1619, sous le règne du roi Gustave Adolphe, des livres en same : le catéchisme, les principales prières de l'église luthérienne, les psaumes de David, les évangiles, les proverbes de Salomon. Ces livres furent traduits de suédois en same, et la comparaison des éditions, dans chaque langue, fournit de précieuses informations sur chacune d'entre elles.
En Norvège, qui était alors unie au Danemark, l'évangélisation fut dynamisée par Thomas von Westen qui devint, en 1714, le principal responsable du Collège des Missions, à Copenhague.
Ils s'attachèrent à éradiquer les croyances traditionnelles, ce qui fut pratiquement achevé au début du XVIIIème siècle. Le luthérianisme puritain prôné par Lars Levi Laestadius (1800 - 1861) à partir de 1840 en extirpa les derniers éléments. Les Saamis de nos jours sont chrétiens, et souvent avec plus de dévotions que leurs voisins norvégiens, finnois, suédois ou russes.

Les langues same

Le same fait partie des langues finno-ougriennes, liées au finnois. Cependant, en raison du contact prolongé avec les Scandinaves, il y a désormais un nombre important de mots germaniques en same. Le same est divisée en neuf dialectes, dont certains ont leur propre langue écrite, mais si différents les uns des autres que les Sames du sud ne peuvent comprendre les Sames du Nord. La plupart des dialectes sont parlés dans plusieurs pays : les frontières linguistiques ne correspondant pas nécessairement aux frontières politiques.
Chez les Lapons, de même que chez les autres peuples arctiques et chez toutes les minorités culturelles en général, la littérature orale est très importante. En effet, les Lapons possèdent un patrimoine de contes et de légendes qui ont des thèmes semblables à ceux des peuples voisins. Pourtant ces légendes recèlent de nombreux éléments propres à l'histoire des Lapons, à leur idéologie ancienne et à leurs relations avec les autres peuples.

Le surnaturel et la peur dominent, peut-être à cause de la lutte contre un monde dur et dangereux. Le personnage principal est le "Stallö", un monstre cannibal qui a les traits d'un ancien fantôme arctique, symbolisant la fertilité païenne en Scandinavie et les percepteurs d'impôts ou autres intrus dangereux. Les histoires les plus étranges sont certainement celles d'hommes qui défient des corps célestes ou les forces de la nature, et finissent par perdre la vie dans ce combat. Il y a aussi des légendes qui racontent avec humour les luttes contre les assaillants venus d'autres peuples, surtout les Caréliens et les Russes ; en règle générale les Lapons sont victorieux, mais ils gagnent par la ruse, non par des batailles rangées. Les Lapons possèdent aussi des héros qui affrontent les brigands en combats singuliers.

Faire de la pêche sur glace, la pêche blanche en Laponie

Jusqu'à la fin du xixe siècle, on ne peut vraiment trouver que des ouvrages religieux, des dictionnaires et des grammaires. Le petit catéchisme luthérien traduit par le missionnaire Morten Lund est publié en 1728. Le premier romancier à écrire un roman en same est Anders Larsen. Son livre Baeivve-Algo (L'Aube) raconte l'histoire d'un jeune garçon pris entre deux cultures : son peuple sami et la société norvégienne. L'histoire de la littérature écrite ne commence vraiment qu'en 1910 lorsque le Same Johan Turi publie Muittalus sámiid birra, un récit dans lequel il fait la description de la vie de son peuple. Il évoque en particulier le quotidien des éleveurs de rennes et les légendes populaires sames. Ce même thème est repris par le conteur et romancier suédois d'origine same Andreas Labba qui dans son premier roman Anta, (écrit en sâme de Luleå) décrit avec beaucoup de poésie la vie d'une communauté same encore peu soumise à l'acculturation occidentale. Son deuxième roman Anta et Marie (rédigé en suédois), révèle, non sans amertume, la transformation de la société same par l'arrivée du "progrès" : la nouvelle voie ferrée et ses trains tueurs de rennes, les grands barrages hydroélectriques qui noient les pâturages, et l'arrivée des premières motoneiges qui transforme le nomadisme ancestral.
à partir des années 1970, la production littéraire se diversifie et prend son essor. Parmi les auteurs contemporains, on peut citer : Nils Viktor Aslaksen, Rauni Magga Lukkari, John Gustavsen, Ailo Gaup, Paulus Utsi, Erik-Nilsson-Mankok, Per Idivuoma et Annok Sarri-Nordrå.

La cuisine

La cuisine scandinave traditionnelle est parfois tellement entrée dans les moeurs qu'on en oublie sa spécificité, telles les airelles utilisées dans de nombreuses sauces et facilement conservables. Elle comprend aussi beaucoup de poissons fumés dont le saumon, le hareng, le sandre, la perche ou le lavaret, des plats composés de renne, d'élan, de mouton mais aussi de perdrix des neiges avec des petits légumes divers et des baies (camarine, airelle, sorbe, argousier, fraise)... Il y a aussi des tartes et plus récemment une production de vodka qui remplace hélas les traditionnels thés, jus de fruits, alcool de baies et bols de sang de renne concurrencés également par le café. C'est donc en résumé une cuisine de pays très froid, riche en variété comme en goût. Les spécialités sont le lapkkok (à base de foie et de moelle) et renklämma, un pain levé au cumin en roulé en cône autour d'une fine tranche de renne.

Une des traditions sames particulièrement intéressantes est le chant Joik (prononcé Yoïk). Les joiks se chantent traditionnellement a cappella, généralement lentement et du fond de la gorge, en faisant transparaître de la colère ou de la douleur. Les missionnaires les ont qualifiés de "chansons du Diable". De nos jours, les joiks sont fréquemment accompagnés par des instruments.

Le Joik

Une catégorie à mi-chemin de la littérature et du chant lapons est celle du Yoiking ou jojking, (suivant que l'on considère la graphie suédoise, norvégienne ou laponne). Le joik (prononcez : "yoïk") est le chant traditionnel du peuple saami. Issus des traditions chamaniques, exécuté a cappella, parfois accompagné du tambour traditionnel, le joik est d'abord un chant à vocation spirituelle avant de devenir un mode d'expression du peuple saami à la fin du xxe siècle. Elle a dû avoir un caractère magico-religieux à l'origine. En effet, le nom lapon de la mélodie yoike qui est vuolle, même mot que le vocable finnois vala (le serment) et luotte ainsi que l'ancien mot nordique blót (le sacrifice). Le yoike est un texte court que l'on répète sans cesse jusqu'à ce qu'on s'arrête brusquement. On trouve aussi des yoikes plus longs qui racontent une histoire ; la plupart d'entre eux ont un caractère impressionniste et lyrique, bien qu'ils contiennent souvent un élément satirique ou érotique. Les sujets sont très divers, êtres humains et animaux, montagnes et vallées, mer, rivières et lacs.
Le joik traditionnel se divise en trois grands styles de chant : le "luohti", le "vuolle" et le "leu'dd" selon l'origine géographique des tribus saami qui l'ont créés. Le chant peut prendre des formes extrêmement variées et laisse une large place à l'improvisation du chanteur : le joiker.

Chants et poèmes ne sont pas nettement différenciés dans le yoike, ils forment les composantes plus ou moins distinctes d'une sorte de poème psalmodié. Lorsque les Lapons parlent du juoigat (chanter le yoike), on pense alors surtout à l'aspect essentiel, alors que la mélodie est le plus souvent monotone. Dans les districts lapons luléens et pitéens, on utilise un verbe spécial (cåb'mut ou cub'mut) pour désigner le fait de chanter avec paroles. En effet, "mot" en lapon se dit coabmi.
Dans le Finnmark on parle de dajahus, qui est un vocable dérivé du verbe daddjat, dire. Et chaque Lapon du Finnmark possède un yoike personnel qui par ses mots, son rythme et sa mélodie, caractérise l'homme et fait allusion à des événements importants de sa vie.
Pour les Lapons, l'homme et le yoike sont liés intimement, comme un homme à son nom ou à son ombre.
Le yoike sans parole est le plus courant à Jokkmokk, Arjeplog, Sorsele et Tärna. Plus au nord, le contenu verbal du yoike est souvent aussi important, sinon plus parfois, que la mélodie ou le rythme. Ce n'est certainement pas par hasard que les textes de yoikes découverts en premier soient d'origine nord-laponne et de forme poétique.

Construit sur une échelle pentatonique, le joik porte les caractéristiques des styles de chants gutturaux des peuples montagnards. Il présente des similitudes importantes avec les chants traditionnels amérindiens ou encore avec les chants de gorge des peuples Inuits ou des peuples d'Asie centrale. La colonisation opérée par les missionnaires chrétiens au début du xixe siècle (à commencer par celle de Lars Levi Laestadius, qui a donné naissance à une branche spécifique du christianisme nordique, la branche "laestadienne") a placé les Saami devant la triste réalité du génocide culturel. En 1685, sous l'influence de l'église de Norvège, la plupart des tambours chamaniques (unique instrument d'accompagnement du joik), sont brûlés.

La prohibition, pendant près de 300 ans du joik et du tambour chamanique aurait pu avoir définitivement raison de la tradition saami. Cependant, de nombreux chants sont parvenus jusqu'à nos jours principalement grâce aux saami alcooliques qui ont permis la perpétuation du joik parce qu'ils continuaient de le chanter en état d'ébriété malgré l'interdiction. La production discographique saami connaît un développement important depuis la parution en 1968 du premier disque enregistré par un artiste saami : l'album Joijuka, de Nils Aslak Valkeapää ("Ailohas" de son nom same). Les travaux de Nils seront pour beaucoup dans la renaissance du joik.

à la fin des années 1980, la reconnaissance internationale dont a bénéficié la chanteuse Mari Boine a permis à la cause saami de se faire entendre à travers ses textes engagés et militants et des mélodies électro-acoustiques. Ce nouveau style d'interprétation des chants traditionnels saami inspirera toute une génération de nouveaux artistes : Wimme, Transjoik, Ulla Pirttijärvi, Sofia Jannok...

 

Joik Moderne


 
Joik Traditionnel


 

 

Faire de la pêche sur glace, la pêche blanche en Laponie

L'artisanat Lapon

De nombreux faits prouvent que les Lapons ont des dons artistiques très développés. Ces dons s'expriment notamment dans la mise en forme des objets d'usage courant, dans la décoration d'une cuillère, d'une boucle de ceinture ou d'une gaine de poignard, ainsi que dans leur broderie en fil d'étain ; le matériau n'est pas seul à être soigneusement choisi ; la forme, le traitement extérieur et la décoration sont d'un goût raffiné.
Parmi les objets anciens depuis longtemps disparus, il y a les tambours magiques dont la décoration graphique et l'ornementation prouvaient une grande puissance créatrice sur le plan artistique. On peut voir dans divers musées, tels que les musées départementaux de Luleå et d'Umeå, de vieux objets magiques.
En parlant d'art, il faut citer l'artiste et peintre lapon Jon Savio de Varanger, qui a créé des peintures et des sculptures sur bois exquises illustrant la vie laponne. Il a un sens du détail extraordinaire que l'on remarque, par exemple, dans le lancement d'un lasso, l'écart soudain d'un chien et la course effrénée du renne.

Mais l'artisanat artistique est aujourd'hui devenu une sorte d'industrie de souvenirs touristiques ; il offre un choix restreint d'articles, mais de très haute qualité. Durant l'été de 1960, une exposition commerciale de ces souvenirs s'est tenue à Kiruna. Elle a été très appréciée, notamment des touristes étrangers ; la section des arts appliqués de la société Same-åtnam, s'applique depuis une quinzaine d'années à améliorer la qualité de l'artisanat lapon. Des conseillers, hommes et femmes, ont prêté leur précieux concours à cette oeuvre qui a reçu l'appui des autorités gouvernementales. L'artisanat artistique est une source supplémentaire de revenus qui joue un grand rôle dans divers districts de Scandinavie.



Réagissez à cet article :


Ajoutez votre commentaire :

Votre nom ou pseudo* :
Entrez votre e-mail pour être averti d'une réponse (facultatif et non visible des visiteurs) :

Entrez les chiffres et lettres* :
Captcha
(* champ requis)


Retour en haut du document Descendre d'une page

Design by NH Consulting